Tombombadilom
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La Soif D'en Sortir
Je la quitte. Je te quitte. Je quitte cette maison. Je quitte cette vie. Je quitte cette angoisse permanente. Je quitte cette façade de vie bienheureuse qui ne cache qu'abcès suitants d'incompréhension, de colère, d'orgueil et de tristesse, le tout nimbé d'alcool. Je quitte un homme qui n'a jamais été mon père, dont je n'ai jamais été le fils. Un homme qui a toujours eu les pieds dans la tombe : cet immense fossé de regrets qui flottent dans son ivresse, légers comme des bouchons de liège. Je ne peux emporter les éparses souvenirs heureux que j'ai de lui, écrasés qu'ils sont sous le poids des larmes que je n'ai jamais pu pleurer pour lui. Depuis toujours, j'ai nourri le désir secret, légitime mais condamnable de lui casser la gueule. Lorsque je devais avoir 5 ans, il me mettait des claques. Des petites claques, lui ne sentait pas sa force, mais ce n'était pas méchant pour lui, rien que des petites, pas comme si il me battait. Et c'était vrai, mais il n'empêche que ce n'était pas mon papa, c'était l'homme chez qui j'habitais : s'il voulait il pouvait tapper plus fort, si l'alcool lui en donnait l'envie, il aurait pu. Moi ça me faisait suffisement peur pour que je mouille mon pantalon à chaque fois et que je pleure. Une fois, il a anticipé et baissé mon pantalon : je lui ai pissé dessus. J'ai ri. A son nez, j'ai ri. J'ai plus jamais osé, j'ai plus jamais eu l'occasion. A cet âge, j'avais déjà envie de lui casser la gueule. Je lui disais, mais sous une forme dissimulée : "Quand tu seras vieux, je te prendrai ta canne et tu tomberas par terre." Il riait, ma mère aussi, moi je riais de les faire rire ; j'étais le plus sérieux du monde. Ma mère, qui aura toujours été là, toujours, qui aura enduré, souffert, pleuré, veillé, avec espoir qu'un jour... Je le quitte. Je laisse derrière moi cette vie, le rideau va bientôt tomber, le décor de l'autre spectacle se met déjà en place. Je le laisse derrière moi, lui et la mort qui viendra le hanter bientôt, lui rappeler qu'il a les pieds dans la tombe, qu'il n'a qu'à se coucher et fermer les yeux plutôt que de se tenir droit, "je suis chez moi, je fais ce que je veux". T'a creusé ta tombe mon vieux. Mais t'y crevera tout seul. Tu t'es pris pour un pharaon, t'as cru pouvoir enterrer tout ton petit monde avec toi. Tu mourras fou et seul, et tu en seras le seul coupable. En tout cas, ma conscience est légère de ne pas avoir participer à ta décrépitude, même pas engourdie de la précipiter par mon départ. Peut-être m'auras-tu aimé, d'un amour macabre, d'outre-tombe. Il n'est plus que souvenir vivant, périmé, sans but ; mort-vivant condamné à se hanter lui-même. Il s'efface tout doucement : l'image jaunie d'un homme, seul avec lui-même devant sa télé un verre à la main. Pour des millions, je ne plongerais pas la main dans la substance qui bloblotait dans son esprit durant toutes ces heures seul devant sa télévision qu'il n'a jamais vraiment ni écouté ni entendu. Pour des millions, je ne m'allourdirais pas les épaules de ses fantômes. Alors il faut le quitter, sortir les pieds de la tombe dans laquelle nous nous sommes enlisés malgrès nous, respirer l'air brûlant de la vie, l'air frais d'au-dessus du sol, abandonner les ténèbres, les morfondeurs de son aigreur. Je l'aurais aimé, haï, détesté et apprécié, mais surtout plains. Il ne pourra jamais me rester que de la pitié pour lui. Fin. L'alcool est un fléau pour la santé, pour la famille, pour les amis, pour l'homme et l'humanité, l'alcoolisme est la faux de la solitude, de la tristesse, du regret.
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Stand By You
 Je n'arrive plus à écrire.
Depuis peu, mes pensées naviguent au dessus de ma tête et se bousculent dans un torrent dont je ne peux saisir la moindre goutte : lorsque j'en emprisonne une dans ma main, elle s'évade par les commissures de mes phalanges sans laisser derrière elle l'ombre d'une humidité. Je ne peux saisir en moi que des émotions et sentiments qui s'évaporent sitôt qu'ils ont été nommés. Seul la voir et penser à elle me permet de monter dans la barque et de suivre mon propre cours. Voir son sourire, l'emprisonner entre mes paumes, qu'il n'explose pas. C'est ce qu'il reste de stable, de pertinent, de permanent dans mon esprit, un raz-de-marée a emporté toutes mes certitudes, a noyé les piliers de ma conscience pour ne laisser surgir des ruines ennglouties que l'immense tout Babelienne de l'amour. (^^) Heureusement que je n'y suis pas tout le temps perché, ce ne sont que des après-midi qui s'égrainent sporadiquement sur notre chemin, et le reste du temps j'erre dans la cité engloutie comme une ombre atlante, car même si au yeux de tout autre, même peut-être à ces yeux à elle, ma tour ne sera qu'un minable plongeoir donnant sur une baignoire, moi, elle suffit à me donner le vertige si je me penche trop.
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Les petites heures...
Merde. Merde, merde, merde. Merdeuh. MERDE. Je n'arrive plus à écrire. De toute façon qu'est-ce que vous voulez que je vous dise. Je n'ai rien à vous dire. D'ailleurs pourquoi est-ce que je dirais quelque chose ? Je ne suis pas adepte des prosopopées, ni des monologues. Et je n'aime pas qu'on me surprenne à parler tout seul. Encore moins à chanter lorsque je crois que personne n'écoute. Inutile de chercher midi à quatorze heures, d'ailleur je ne porte pas de montre. Peut-être demain aurais-je quelque chose à vous dire : revenez me serrer la pince plus tard. Vous connaissez le chemin. Celui de la sortie, évidement. Non, ce n'est pas le même que celui de l'entrée. Sinon il porterait le même nom. Soit, je vous accompagne. Si ça peut me débarrasser de vous plus rapidement. Voilà. Je ne vais pas plus loin : c'est la porte jaune au bout du couloir. Il n'y en a qu'une. Claquez bien en sortant, et merci encore de perdre votre temps à lire mes conneries.
Et encore merci d'être passé, cela fait toujours plaisir. Si vous voulez m'insulter, je supprimerai votre commentaire, vous bloquerai, et ferai en sorte que votre vie devienne un affreux calvaire, où des frites cannibales viendront vous dévorer les orteils pendant votre sommeil. Encore une chose : vous êtes nul, vous ne valez rien, personne ne vous aime et je crois que personne ne vous aimera jamais.
Si vous n'avez pas encore fermé la page, je peux considérer que vous avez un potentiel de résistance à la connerie passive assez faible : je décréte donc à tout les lâches qui seront restés jusqu'à ce point . qu'ils sont les bienvenus, de jour comme de nuit, sur ce blog, et que je les embrasse de toute part.
Et juste pour la forme :
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Carnet de front.
Ce matin un général de Gaule me gratifie de deux canons pointés sur ma poire et d’un « Hem !!! » en guise de détonation ; je roule avec mon deux-roues sur la tranchée piétonne. Offusqué de cette réprimande, je débarque sur le front. Je gare mon engin et l’amarre pour éviter tout pillage, puis je me lance dans la charge. Hier le Lieutenant Anglais nous a annoncé l’assaut des Aborigènes australiens, le Caporal Lettres l’étude de la stratégie narrative des Ovides (sûrement une nouvelle tactique d’une ces unités commandos sub-américaine) et le Général Philosophie, celui sur qui tout repose, nous a exposé les techniques qui nous permettront de comprendre comment la conscience, une arme d’un genre nouveaux, nous permettra de nous défendre face aux éléments extérieurs. J’ai pensé qu’il faisait allusion à une possible invasion extra-terrestre mais nous n’en saurons plus qu’à 14 heure 00 précise. Mes camarades et moi, installés dans nos sommaires retranchements, nous demandons quel sera le contenu du briefing de l’Adjudant-Chef Grec. Nous étions lancés, portefeuilles ouverts, dans des pronostics lorsque l’ordre d’assaut fut donné. D’un seul mouvement les soldats désignés pour partir en première ligne bondirent en groupes vers leurs différents objectifs ; la prochaine salve ne partirait qu’une heure plus tard. Il ne faut surtout pas rater sa sortie car si à la fin de l’assaut personne ne vous a vu tomber et encore moins partir, vous pouvez être signalé comme déserteur, auquel cas vous serez fusillé sans jugement par l’horrible caporal Proviseur après avoir dut admettre publiquement votre tort sous la torture de la Cruelle et Pustuleuse Enquêteuse. Dans l’armée, mieux vaut ne jamais avoir à vous justifier, car une fois repéré, vous êtes fiché et toute information vous concernant est soigneusement étudiée. Alors que nous étions occupés à étudier un texte de propagande ennemi, un gendarme (tout le monde sait que la gendarmerie est affiliée à l’armée) fit son arrivée sur le campement. Le Commandant en Chef du Dépoussiérage, du Grenierage et de l’Espionnage , connu sous l’appellation mystérieuse de H.G fit le calme parmi les soldats interpellés de cette visite si peu commune et lorsque le silence radio fut atteint, le paramilitaire déplia un papier puis prit la parole : « Avis à tout les utilisateurs de désencombreurs neuronaux et d’encarbonisateurs de poumons. L’utilisation de ces produits est désormais interdite sur toute la zone de campement. Si vous désirez utiliser ces produits, contraignez-vous. J’informe ceux qui n’auraient pas bien entendu que cet avis sera placardé sur tout les arbres du campement dès ce soir. Vous êtes prévenus. Alors ne venez pas vous plaindre, morveux ». Révoltés autant les désencombrés et encarbonisés de cette mesure que les soldats normaux du ton de ce képi, une onde de mutinerie secoua chaque nuque et enhardi les propos véhéments de plus d’un fantassin ; heureusement pour lui et son uniforme, le fonctionnaire fuyait déjà la conséquence des paroles qu’il était venu prononcer, après avoir remercié le Commandant en Chef de sa patience. Mais tenu par les bourses que nous étions, nous ne pouvions que subir. L’ancienne rébellion de nos pères (l’opération M68) n’était plus qu’un élément de l’histoire considéré aujourd’hui par les troupes que comme un acte de bravoure éphémère dont ils ne saisissaient pas la portée. Vient ensuite l’heure de la mess. Figurez vous une colonne de soldats évincés par une lourde et matinale matinée de labeur qui requit toute leur attention, attendant inlassables le maigre et fade repas censé les faire tenir jusqu’au crépuscule. Que de braves hommes, dîtes-vous. Merci pour nous. Après avoir piétement engouffré le frugal repas servi sous les jurons des cuisiniers et le regard suspicieux et accusateur de la Cruelle et Pustuleuse Enquêteuse dont l’obsession était de faire fusiller les petits soldats qui, entre deux batailles, oubliaient de ne pas mettre les coudes sur la table et de fermer la bouche même lorsqu’elle n’était pleine que d’air, nous quittons le lieu du repas et gagnons un endroit paisible et à l’abri des regards pour savourer les quelques minutes restantes avant l’appel. Les après-midi sont généralement semblables aux matinées, à cela près que le soleil achève son œuvre. Il n’y a rien d’autre qui vaille la peine d’être raconté. Je ne sais pas pour quand est prévu l’armistice, mais je crois que la première trêve de cette année est prévue pour le 22 Octobre. J’espère que nous aurons tous une permission et que certains pourrons voir du pays et nous ramener de leurs clichés. Extrait tiré d’un carnet de Front. Auteur inconnu.
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